Interview Marion Laborde (ABN)

Mis à jour : 21 août 2019

Marion après 4 ans de break, vous décidez de rechausser les baskets ? Pourquoi cette décision ?


J’avais envie de refaire un sport collectif et mon sport c’est le basket, je ne sais faire que ce sport. J’aime le basket et ça me manquait de ne pas pouvoir jouer, partager des choses en équipe. Donc c’est pour ça que j’ai pris cette décision.


Vous revenez dans votre club formateur à Amou. C’était la condition principale ?


Oui, c’était à Amou ou rien. C’est pas pour le niveau que je reprends. J’aurais pu reprendre en département comme en Nationale 2. Revenir à Amou me permet aussi d’aider le club et les filles. Elles ont passé une année compliquée l’an dernier avec la descente en R1. Les dirigeants m’avaient déjà demandé sans savoir que j’avais envie de reprendre si je pouvais aider l’équipe même sur le banc. Mais, j’ai décidé que ce serait sur le terrain que j’allais essayer d’aider Amou à remonter à l’échelon supérieur.


Avez-vous des craintes par rapport ce retour à la compétition ?


J’avais un peu peur à la reprise. 3 ans sans faire trop de sport, je savais que ça allait être un peu compliqué, mais je n’ai pas eu de douleurs particulières aux genoux, donc c’est positif. Je sais me gérer, je vais savoir me gérer. Mais j’ai pas de craintes, je veux pas en avoir car c’est comme ça que ça fini mal sinon. Après les blessures, c’est les aléas du sportif, mais si je peux éviter, cela serait parfait (rires).


Votre objectif est donc de ramener Amou en Nationale 3 ?


C’est notre objectif et j’en ai déjà parlé aux dirigeants. Je suis une compétitrice, je joue pour gagner et si on peut gagner le plus de matchs dans la saison, cela voudrait dire que l’on sera pas loin de la montée. Remettre Amou en N3 doit être notre objectif à tout le monde. Après si c’est pas cette saison, ce sera la saison d’après mais on doit garder cette objectif en tête.


Vous êtes aussi là pour transmettre et guider cette jeune équipe ?


Oui c’est assez jeune (rires). Il y a kiki Labadie qui est plus âgée que moi, mais c’est vrai que je suis là pour aider les plus jeunes et transmettre mon expérience. Je ne suis pas le coach, mais je peux aussi être là pour elles. Si je peux aider les filles ou toutes les personnes qui sont dans ce club, alors ce sera avec grand plaisir.


Mais les générations ont changé ?


Je peux confirmer que les générations ont changé en effet. Je m’en rend compte aujourd’hui. Surtout que moi je n’ai jamais répondu à mes entraineurs, donc oui la nouvelle génération est très différente de nous. Mais, je laisse passer les premiers entrainements, j’irai après parler aux jeunes. Individuellement, j’irai leur expliquer que c’est comme ça, qu’il faut respecter les décisions des coachs. Le temps de jeu ? il faut aller se le chercher. Moi j’ai passé des matchs ou je jouais 0 minute. Bon c’était en équipe de France et c’est donc pas le même niveau, mais je n’ai jamais pleuré à Papa et Maman par rapport à ça. Je me suis toujours arrachée pour avoir du temps de jeu. A chaque entrainement, à chaque match. Mais comme tu dis, les générations ont changé, maintenant les jeunes veulent tout de suite. Jouer sans s’entrainer ce n’est pas possible. Mais l’équipe est quand même super, les filles sont gentilles, il y a des caractères mais comme dans toutes les équipes.


En septembre 2015 vous devez mettre un terme à votre carrière à haut niveau de façon brutale…


J’avais prévu de faire une saison de plus à Basket Landes. Je pense que c’est très compliqué pour tout sportif d’arrêter mais quand c’est dû à une blessure ça été très difficile à accepter. Heureusement que c’était à Basket Landes, que j’avais ma famille et mes amis à côté et j’ai eu la chance de tomber enceinte assez rapidement. Cela été compliqué, j’ai eu du mal à m’en remettre, je me suis demandé pourquoi moi ? Mais au fil du temps on s’y fait, on se construit autrement et on se doit d’avancer car la vie continue.


Justement penser à une reconversion quand on est sportif de haut niveau devient pratiquement primordial ?


J’ai toujours essayé même en jouant encore au basket de voir ce qu’il pourrait me plaire après ma carrière. J’ai toujours aimé les enfants, j’ai toujours travaillé avec eux, donc je savais ce que je voulais faire. Le plus dur c’est de trouver du travail dans ta branche. Aujourd’hui je travaille mais pas dans ma branche. Mais voilà, il faut bien se nourrir. Je n’ai jamais eu la crainte de ne pas savoir quoi faire après ma carrière. Pendant mon break j’ai eu le temps de m’occuper de mes deux enfants et de profiter d’eux.


Être maman vous a aussi permis de penser à autre chose ?


Exactement. Je pense que si j’avais pas eu mes enfants rapidement cela aurait été encore plus difficile. Parce tu es dans les Landes, qu’il y a du basket partout et que toutes tes copines jouent au basket. Le basket c’était ma vie et quand tu ne peux plus exercer ta passion c’est compliqué. La naissance de Jade m’a fait énormément de bien car elle est arrivée juste après l’arrêt de ma carrière.


Quels sont tes souhaits pour cette saison 2019-2020 ?


Prendre du plaisir, rester en bonne santé et surtout vivre de très bons moments avec mes coéquipières. Je suis contente de revenir sur les terrains et j’espère que l’on pourra faire plaisir à nos supporters. Et bien sûr je n’oublie pas, aller le plus loin en Coupe des Landes.



Par Anthony Ottou



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